La Royale Fanfare " L'UNION " est née en 1864, à Wihéries, village isolé, dépourvu de toute voie de communication, relié seulement aux communes voisines par des sentiers et chemins de campagne, les habitants n'ayant de distractions que par leur seule initiative.

S'il n'y avait pas encore, à l'aube de 1864, de société instrumentale, on comptait néanmoins dans la commune quelques musiciens qui exécutaient dans les sociétés des villages voisins.
Un beau jour, à l'occasion d'une kermesse locale, ils se réunirent pour aller donner l’aubade au Bourgmestre, Mr.Bernard Chevalier, propriétaire de la ferme " la Cour ".
La chose plut tellement à la famille Chevalier qu'elle réunit définitivement les musiciens en une société de fanfare constituée sous le nom de " Fanfare communale de Wihéries ", que porte toujours d'ailleurs son drapeau. Elle offrit à la nouvelle Fanfare son premier emblème et encouragea ses premiers pas de toute sa puissance, de ses relations, de sa grande influence.
Débutant modestement sous la direction d'un musicien-artiste, Mr. Victor Regnart, la Fanfare progressa rapidement en accroissant ses effectifs, de sorte que, non contents de faire partie d'une société instrumentale, les fondateurs imaginèrent de créer en plus et dans le sein de la Fanfare, une société chorale qui prit le nom de " La Renaissance " de Wihéries. L'acte constitutif de ce nouveau groupe est daté du 10octobre 1883 et porte les signatures du Docteur Jules Duvivier, Président de la Fanfare, de MMrs. Louis Degardin, Nicolas Martin et nombre d'autres dont les familles sont toujours représentées dans la localité : Libiez, Mathieu, Glineur, Fievez, Quévy, Caucheteur ,Tellier Gérard , Wattiez, Martin, Descamps, Faidherbe, Moreau, Dubuisson ,etc...
Si cette chorale n'a pas vécu bien longtemps, ses statuts restent un magnifique témoignage de l'esprit de société qui animait ses créateurs.

Voici quelques chiffres, combien éloquents si l'on réalise qu'il s'agit de francs or. " L'action " ,cotisation annuelle, est fixée à 4 francs pour les membres honoraires et à 6 francs l'an , soit 0,50 fr. par mois, pour les membres effectifs.
Des sanctions punissent certaines fautes : l'absence aux répétitions, fêtes et sorties, sans l'autorisation du chef, l'absence aux funérailles d'un membre vaut respectivement 5 et 3 francs d'amende. Quant aux membres négligeant le Tir de Roi ou la célébration de la Sainte-Cécile ,ils doivent payer la cotisation prévue pour ces festivités.
Entre-temps, la Fanfare se développe et le moment vient de confier ses destinées à un chef de plus large formation musicale. Certains sont pénétrés de cette évidence, d'autres voudraient continuer comme par le passé. Il en résulte une scission qui donne naissance à une seconde société devenue depuis la Royale Harmonie " La Persévérance ". Ses membres s'étant coiffés d'un béret rouge, les nôtres se coiffèrent d'un béret bleu. De cette époque, se répandirent largement les appellations " Les Rouges " et " Les Bleus ".
La Fanfare connaît alors d'autres Directeurs : Langlois, Baudonck, compositeurs renommés et directeurs de nombreuses phalanges en Belgique et dans le Nord de la France, A. Devrin, chef de musique au 2ième Régiment des Chasseurs à pied à Mons, qui va la conduire au triomphal concours international de Bruxelles, le 18 juillet 1909: Premier prix d'exécution à l'unanimité, avec félicitations du jury et accession en division d'Honneur.

Elle est présidée à l'époque par Mr. Hippolyte Libiez, brasseur ,intelligence lucide, bon sens pondéré, admirable connaisseur d'hommes, qui a lui-même succédé au Docteur Jules Duvivier, autre grand Président au dévouement inlassable, mort subitement en 1901.

Pendant ce temps, les dirigeants de la Société se sont préoccupés du sort matériel de ses membres et ont fondé, le 28 novembre 1897, une société mutualiste "Union Mutuelle Fanfare " reconnue par arrêté royal du 18 mai 1898. A quelles fins ?
Art.1 - Une société mutualiste est établie à Wihéries, en faveur des sociétaires, musiciens et membres honoraires de la Fanfare communale "L'Union" et des personnes de leur famille.
Art.2 - Elle a pour buts :
- de payer une indemnité journalière en cas de maladie ou de blessures graves reçues au travail.
- d'accorder des secours extraordinaires aux membres devenus vieux ou infirmes.
- de subvenir en partie aux frais de funérailles.
- d'accorder un secours extraordinaire aux veuves et enfants en bas âge.

Les " Bleus " furent donc les précurseurs de la Sécurité sociale - Les règlements de cette Mutuelle sont curieux et révélateurs - Nous n'en retiendrons que deux articles parmi les meilleurs.
Tout d'abord, l'article 3 consacre un principe qui a toujours été respecté :
" La Société ne pourra jamais s'occuper de questions politiques ou religieuses - Toute personne ,quelles que soient ses opinions ,peut en faire partie ."
Et enfin ceci, qui est caractéristique du respect qu'avaient nos ancêtres envers leur société :
" Sera puni d'une amende de 2 francs le sociétaire qui introduira dans la Société un candidat ayant une mauvaise conduite, alors que le fait lui était connu ."

La Fanfare commence à célébrer son 50ième anniversaire lorsque, le 4 août 1914, éclate la première guerre mondiale. Un silence angoissé s'installe durant quatre mortelles années, mais, dès la soirée du 11 novembre 1918, les musiciens sortant les instruments des cachettes, se réunissent sur la place de l'Eglise et font vibrer la Brabançonne, sous la direction de Mr. Henri Lanoy, 1er Prix du Conservatoire royal de Mons, merveilleux formateur d'élèves qui, provisoirement, reprend la société en mains.
Mr. Richard Vandenbroucke, chef de la réputée musique du 21ème Régiment de ligne à Mons, est alors appelé à la direction de la Fanfare. Sous son éminente baguette, les Bleus atteignent leur apogée :

- 1er Prix en première Division au Tournoi provincial de Mons en 1923.
- 1er Prix d'Excellence au Concours de La Louvière en 1929.
- 1er Prix d'Honneur au Tournoi provincial de Mons en 1930,où la Société est confrontée avec les meilleures phalanges instrumentales de la Province.

La Société compte, à ce moment, de 90 à 1OO musiciens ; son répertoire, très étendu, comporte une foule d'oeuvres d'auteurs classiques et modernes : Luigini, Beethoven, Bach, Chopin, Mendelshon, Rossini, Berlioz, Wagner, Bizet, Lalo, Dubois, Massenet, Saint-Saens, Alex Georges, Tschaikowsky, Rachmaninoff, Paul Gilson, Henri Fernand, Marcel Poot, etc...
En 1928, la " Fanfare communale de Wihéries " est autorisée à porter le titre de" Société royale ".

Cependant, elle n'a pas échappé aux difficultés qui, au cours d'une aussi longue existence, sont le lot des individus et de leurs associations.
Alors qu'une première scission avait donné naissance à l'Harmonie, le parti socialiste naissant décide de fonder également une Fanfare. Le caractère politique et social de ce nouveau groupe lui attire le ralliement d'un certain nombre des musiciens de " L'Union ".
Loin de l'affaiblir, ces événements stimulèrent la vigueur de la société mère. Un tel esprit d'émulation s'enflamma que les trois musiques locales portèrent au loin le renom artistique de la modeste commune de Wihéries.

En 1925, se présente une nouvelle difficulté : le propriétaire de la salle qui abrite la Fanfare la vend. Les musiciens et commissaires réunissent le capital nécessaire, bâtissent en trois mois leur maison et la plus vaste salle des fêtes de la commune, fondent la " Société coopérative - Les Bleus - " qui administre ces biens.

En 1929, Mr. Vandenbroucke s'étant retiré, Mr. Maurice Vaute, compositeur, professeur agréé des écoles moyennes et normales de l'Etat, ayant débuté au pupitre comme élève, est appelé à le remplacer. Il n'a que 26 ans lorsque lui échoit cette redoutable succession. A peine a-t-il donné deux concerts organisés à l'occasion du 75ième anniversaire que la mobilisation de septembre vient arrêter les festivités. Et c'est de nouveau la guerre et son morne silence ...

Mais, la paix revenue, sous l'énergique impulsion de Mr. F. Lor, Vice-Président, la phalange se reconstitue, les répétitions reprennent, avec les cours de solfège et d'instruments. Ainsi, la Fanfare repart vers de nouveaux succès, obtient de nombreux concerts en Belgique et en France.
Cette période d'après-guerre connaît une activité intense et amène insensiblement la Société à fêter, en 1964, le Centenaire de sa fondation.
La même année, Mr. Vaute prend sa retraite et est remplacé par un jeune et talentueux Directeur, Mr. Walther Dufrasne, prix d'Excellence, lauréat du Conservatoire royal de Mons.
Bien que progressivement décimée dans son effectif, "l'Union " s'illustre encore par de brillantes prestations à Valencienne, Membre-sur-Semois, Le Cateau-Cambrésis, Estaimbourg, Maubeuge, Le Quesnoy,Bavay et Amougies.

En 1974, fidèle au rôle éducatif qu'elle revendique depuis ses origines la Société organise une exposition artistique exceptionnelle à laquelle participent les meilleurs peintres, céramistes, plumistes et sculpteurs de la région..

En 1976, Mr. Dufrasne, retenu par ses obligations familiales, cède la direction de la Société, successivement présidée par MMrs. Duez, Delhaye et Amand à Mr. Claude Depetris, diplômé du Conservatoire royal de Mons et brillant finaliste d'un Concours international à Moscou.
Quelques mois plus tard, grâce au dynamisme et à la compétence de son nouveau chef, la Fanfare remporte de nouveaux lauriers dans le cadre de Tournois provinciaux et internationaux à Leuze, en 1ère Division, et à Feignies.
En 1979, invitée à se produire au Shape, à Casteau, l'Union récolte encore de vifs éloges et un Diplôme d'Honneur décerné par les personnalités présentes.


Depuis, la Phalange a rajeuni ses cadres et connaît toujours une activité inlassable témoignant ainsi de son étonnante vitalité malgré son grand âge. Elle s'est ainsi produite à Pont-sur-Sambre et Ghoy avant de préparer son 125ième anniversaire marqué par l'audition inoubliable de la regrettée formation des Chasseurs ardennais.
En 1992,la Fanfare " l'Union ", inscrite dans le Concours provincial organisé à Hensies et réservé aux sociétés de 1ère Division, s'illustrait une nouvelle fois en obtenant 85% des points devant un jury de mélomanes étonnés des qualités musicales d'un ensemble instrumental à l'effectif aussi réduit. Poursuivant sur sa lancée, la phalange musicale exprimait ses indéniables possibilités lors de rencontres artistiques à Quaregnon, Binche et Bassily.


En 1994, une équipe dynamique de sociétaires jeunes et dévoués posait les jalons d'une saison marquée par l'organisation d'une exposition rétrospective et la participation de l'Harmonie de la Force navale belge dans le contexte de la célébration des 130 ans de la bonne vieille et noble Société.
En 1999, notre société célébrait son 135ième anniversaire sous la conduite de M. Michel Dame, lauréat du conservatoire de Mons et soliste au sein de l’Harmonie royale des Guides.
La société a voulu en ces circonstances souligner l’événement en offrant un concert varié, à la fois composé de musique classique et moderne, susceptible de répondre aux goûts du public.
En 2001, désirant profiter pleinement de sa retraite, M. Michel Dame cédait la baguette à M. Frédéric Charles, détenteur d’un 1er prix de cornet et d’un diplôme supérieur de trompette du conservatoire royale de Mons.

En 2005, la Fanfare "l'Union"a obtenu ,en première catégorie, une cote de 96% aux rencontres musicales provinciales de la province du Hainaut.

En 2011, fruit d'une longue préparation et d'une assiduité exemplaire des musiciens aux répétitions, la fanfare, s’en allait glaner de nouveaux lauriers., à l’occasion des rencontres musicales provinciales en obtenant  plus de 85 % des points pour sa première participation, en catégorie  « excellence ».